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La rentrée est un moment important pour les élèves. Ils retrouvent leurs camarades, découvrent parfois une nouvelle classe et doivent reprendre leur place dans un groupe. Pour certains, cette période peut aussi être source d’inquiétude.
Un récent article de Lausanne Cités consacré au harcèlement scolaire rappelle une réalité importante : les situations graves commencent rarement par des faits immédiatement spectaculaires. Moqueries répétées, surnoms dévalorisants, mises à l’écart, rumeurs ou humiliations peuvent progressivement installer une dynamique de harcèlement. L’article souligne également combien le phénomène est souvent lié à une dynamique de groupe.
Des signes qui doivent nous rendre attentifs
Un conflit, une dispute ou une moquerie isolée ne constituent pas nécessairement du harcèlement. C’est notamment la répétition des faits, l’isolement progressif d’un élève et le déséquilibre qui s’installe qui doivent alerter.
À la maison, un enfant ou un adolescent qui vit une situation difficile ne l’exprime pas toujours directement. Repli sur soi, changement de comportement, réticence inhabituelle à venir à l’école, manifestations somatiques, absentéisme ou décrochage peuvent constituer des signaux.
Un signe isolé ne signifie évidemment pas qu’un enfant est victime de harcèlement. Plusieurs changements ou une évolution durable de son comportement méritent en revanche notre attention.
Écouter sans minimiser ni conclure trop vite
Lorsqu’un enfant rapporte une difficulté avec des camarades, il est important de l’écouter et de prendre sa parole au sérieux.
Il convient également de chercher à comprendre ce qui se passe avant de tirer des conclusions ou d’intervenir directement auprès des autres élèves ou de leurs parents. Famille et école disposent souvent d’informations différentes et complémentaires. Leur mise en commun permet de mieux apprécier la situation et de déterminer comment intervenir.
L’article illustre d’ailleurs combien la minimisation de faits qui se répètent peut permettre à une situation de se dégrader.
Le harcèlement ne s’arrête plus à la porte de l’école
Les relations entre élèves se poursuivent aujourd’hui sur les messageries et les réseaux sociaux. Une situation commencée durant la journée peut ainsi continuer le soir, le week-end et jusque dans l’espace familial.
L’article relève cette continuité entre l’école, la maison et les réseaux sociaux, ainsi que la banalisation possible de certaines formes de violence en ligne.
Nous encourageons donc les parents à s’intéresser régulièrement à la vie numérique de leur enfant, à dialoguer avec lui sur ses usages et à rester attentifs à des changements soudains dans son rapport au téléphone, aux messageries ou aux réseaux sociaux.
Apprendre aussi à ne pas rester spectateur
Nos enfants peuvent être victimes d’une situation de harcèlement. Ils peuvent aussi en être témoins.
Le rôle de ces derniers est déterminant. Certains se taisent par peur des représailles ou parce qu’ils ne savent pas comment intervenir. D’autres participent, parfois simplement en riant ou en relayant ce qui se passe. Mais certains trouvent aussi le courage de s’opposer ou d’en parler à un adulte.
Un message mérite donc d’être porté ensemble par les familles et l’école :
Signaler à un adulte qu’un camarade est régulièrement humilié, exclu ou pris pour cible, ce n’est pas « dénoncer ». C’est protéger quelqu’un et prendre ses responsabilités.
L’École peut agir
Les situations de harcèlement sont complexes. Elles nécessitent parfois du temps, du discernement, plusieurs interventions et un suivi dans la durée. Elles ne sont cependant pas une fatalité.
Notre expérience montre que des situations peuvent évoluer lorsque les difficultés sont identifiées, que les professionnels se mobilisent et que l’école et les familles peuvent travailler ensemble.
Nous devons nous en réjouir, sans jamais considérer pour autant que le problème est derrière nous. Chaque nouvelle situation exige notre attention et notre engagement.
Une inquiétude ? Parlez-nous-en
Pour pouvoir agir, l’école doit être informée.
Si votre enfant vous rapporte des faits répétés qui vous préoccupent, s’il semble progressivement isolé ou si son comportement change durablement, n’attendez pas que la situation s’aggrave pour nous en parler.
Vous pouvez vous adresser :
- à un membre de la Direction ;
- à un·e médiateur·trice scolaire ;
- à Mme Aude Delaloye, personne de référence et porte d’entrée de la Méthode de la préoccupation partagée (MPP), actuellement en cours de déploiement dans notre établissement.
La Méthode de la préoccupation partagée (MPP) constitue une approche spécifique de prise en charge des situations d’intimidation entre élèves.
Parents et professionnels ne voient pas toujours les mêmes choses. C’est en partageant rapidement nos observations, dans un climat de confiance, que nous pouvons mieux comprendre les situations et agir.
En cette rentrée, restons donc collectivement attentifs. Face au harcèlement et à l’intimidation, ne banalisons pas, ne laissons pas s’installer les situations et ne baissons pas les bras.